Camarade Mallarmé

Mallarmé a connu des vies posthumes que ne suffisent à conjurer ni le recours aux registres de l’état civil ni le retour au corpus de ses textes. A l’âge de l’existentialisme, les critiques littéraires inscriront la négativité de sa poésie dans les aventures de la dialectique. Aux grandes heures du structuralisme, les avant-gardes le croiront capable de réconcilier Marx et Saussure. Quand tomberont les statues de Lénine, les philosophes liront dans ses vers la mémoire d’un siècle de révolutions. Voici Mallarmé tel qu’en lui-même le XXe siècle le change. Cette tradition interprétative, qui prend à revers la question de l’engagement littéraire, nous invite à reconnaître l’inventivité polémique des gestes de lecture et d’interprétation. Car ce n’est pas les intentions de l’écrivain qui produisent la signification politique des textes, ni les stratégies herméneutiques des lecteurs. La politique de la lecture qui a inventé la figure du camarade Mallarmé est un art du contretemps, toujours à la limite de l’anachronisme, qui rend perceptible, dans la littérature d’autrefois. une force d’opposition et de rupture toujours actuelle. Le destin politique de Mallarmé illustre les tours et détours d’une lecture engagée.

Né en 1973, Jean-François Flamel enseigne au département d’études littéraires de l’Université du Québec à Montréal. Il a fait paraître en 2006, aux Editions de Minuit, Revenantes de l’histoire : Répétition, narrativité, modernité.

Camarade mallarmé, Jean-François Hamel, Les Editions de Minuit, 01/2014, 206 pages

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